Acteur de changement, Malick SOW a décidé de mettre ses connaissances et son expérience au service du développement durable dans la spécialité de l’agroécologie pour ainsi impacter positivement sur le système alimentaire durable. Malick SOW est diplômé en horticulture option maraichage. En 2010, il a eu la chance de rencontrer, lors d’une mission de travail au Burkina Fasso, Monsieur Pierre Rabhi, un des pionniers de l’agroécologie qui fut par la suite son mentor. A l’époque, passionné par la recherche sur les pratiques endogènes, Malick a eu l’opportunité de manipuler le compost issu de la technologie du biodigesteur. En tant qu’agro écologue, il a vite compris à quel point les solutions offertes par la technologie du biodigesteur sont compatibles avec les ambitions en faveur du climat et de la souveraineté alimentaire. 

Par la suite, en 2015, Malick a eu l’opportunité d’intégrer le Programme National de Biogaz Domestique du Sénégal (PNB-SN), dans la composante vulgarisation agricole. Ce nouveau poste était pour lui l’occasion de poursuivre ses activités de recherche sur l’effluent et le compost issu du biodigesteur au niveau des jardins de case, un concept du PNB/SN qui fut un grand succès et qui lui a permis de valider l’impact du substrat issu du biodigesteur sur la santé des sols et sa capacité de rétention d’eau et bien plus. Le cadre de travail au sein du PNB/SN et la diversité tant dans ses zones d’intervention que la complexité de l’environnement ont forgé sa trajectoire, sans même qu’il ne le sache, dans la vie qui sera désormais sa passion, savoir l’agroécologie.

A la suite de cette belle expérience avec le PNB/SN, Malick décide de mettre en place en 2018 son entreprise AGROSOL. Sa mise en place est un vibrant hommage rendu à Mr Pierre Rabhi et signifie « l’AGROécologie est la SOLution ». L’entreprise propose des services de conseil en agroécologie, d’appui et de collaboration avec tout type de structures, y compris celles étatiques qui exercent en agriculture ou dans des métiers connexes en Afrique en général et au Sénégal en particulier. AGROSOL se donne aussi comme mission d’informer le public sur les enjeux, les défis, et les priorités actuelles de l’agriculture. La mise en place de sa structure a été précédé d’un processus de formation continue dans lequel il s’est engagé, dans de nombreuses structures spécialisées dont l’université d’Alexandrie. Ces différentes formations lui ont permis d’obtenir des certifications dans le développement durable et la résilience climatique. Par la même occasion, il a été admis dans le programme de formation de Ifoam Organique International ToTo au Sénégal, avant de recevoir officiellement le titre de Maitre Formateur certifié en agriculture écologique biologique dans le cadre du projet Centre de Connaissances pour l’Agriculture Biologique et l’Agroécologie en Afrique (CCAB) au Sénégal.

Le parcours de Malick n’est pas sans difficulté. Le doute que font circuler les adeptes de l’agriculture conventionnelle sur la capacité de l’agroécologie à fournir un revenu décent aux agriculteurs dans leurs campagne ou cycles de formation a constitué une réelle difficulté qui retardé son travail. Pour pallier cette tendance, Malick instaure un nouveau paradigme de développement à travers des programmes de formation et des émissions télé et radios pour recommander aux exploitations familiales et aux consommateurs finaux de considérer que la performance de l’agriculture  ne saurait être jugée uniquement à l’aune de la productivité, sans prendre en compte les bienfaits induits, sanitaires, environnementaux et autres que propose l’agroécologie.

Malick est également porteur d’un concept dénommé agrosol Academy qui est un cadre de partage et d’échange de connaissances pertinentes et de  suivi post formation des étudiants  qui aboutit à leur insertion dans le milieu du travail.

 Malick se donne comme objectif de poursuivre la promotion de la technologie du biodigesteur en milieu urbain et rural pour à la fois contribuer à la séquestration du méthane, grâce au digestat et asseoir un système de production durable. Pour ses projets, il poursuit le programme classique de communication et de formation des acteurs en agroécologie. Il ambitionne également de créer un centre de capitalisation de connaissances endogènes et de formation sur l’agriculture climato-intelligente qui sera bien sûre orienté sur l’agroécologie. « C’est un projet que nous avons en chantier avec un autre partenaire local qui se déroulera dans la Région de Thiès à Keur Demba Ngoye », s’est-il exprimé.

 Son message pour tous ces jeunes qui le prennent en exemple, c’est qu’à travers l’agroécologie et la technologie du biodigeteur, ils disposent de ressources pour façonner l’avenir des systèmes alimentaires de leurs terroirs, tout en se donnant les moyens de faire face aux effets du changement climatique.